Le Seonmudo

Seonmudo ?

Bouddhisme et art martial zen ?

Tantôt assis, debout ,couché ou en déplacement .Maintenir son corps en bonne santé par un esprit plus éclairé est l’idée fondatrice mais à travers une philosophie du partage et de la communion. non pas au sens biblique de l’offrande mais de l’idée de partage d’idées, d’action et de pratique. De l’harmonie des sentiments dans la pratique.

L’étymologie du mot SEON MU DO nous y aide.

seon=zen. Issus principalement de la tradition Hwadu (mot qui coupe le chemin des mots) comme la tradition Koan. objet de méditation, d’introspection et de concentration ; à travers notre pratique de seonmudo c’est l’écoute intérieure et la découverte de notre Nature Propre .

En Corée le nom complet de cette famille zen est GANHWA Seon. «  nu dans le vent d’or »

être « nu dans le vent d’or » est l’idée que lorsque toute les feuilles d’automne sont tombées l’arbre est nu pour une renaissance offert à l’énergie de la nature.

Le patriarche de référence est BoddiDarma qui a médité 9 ans face au mur du temple Shaolin (29eme patriarche de l’inde) d’où le lien aujourd’hui avec le Temple Shaolin.la boucle est bouclée.

Les grands Maîtres zen Huineng, Shinul, WohnYo , et sosan (16 eme siecle)

ceci et le renforcement par la pratique d’exercices physique formèrent le zen coréen de pratique éveillant l’esprit par Ganwha seon.

Les questions de base de cette philosophie sont aussi les réponses.

Qui suis-je ? Et ces questions concrètes comment puis vivre bien ?

Être vraiment libre et en paix ?

partager au mieux mes études avec les autres en ne heurtant personne(mahayana)

et bien mourir ?

Le principe de la pratique méditative apporte un début de réponse.

Qu’est-ce que méditer ?

Le terme “méditation” est actuellement employé de façon inconsidérée. La méditation n’est pas une réflexion intellectuelle sur un sujet, c’est un outil de “culture mentale” permettant la naissance du calme de l’esprit puis de la compréhension directe et profonde de la réalité au-delà des apparences.

Ce n’est ni une rêverie ni une manière de garder l’esprit vide.

C’est au contraire un combat actif, elle n’est pas séparée de la vie et ne constitue pas une retraite en un monde irréel.

Elle est ce qui permet d’aller au cœur des choses mêmes à chaque instant de l’existence.

La contemplation permanente et détachée des sensations corporelles et des états d’esprit conduit progressivement à une acuité considérable de l’attention et de la vision mentale suscitant le calme mental (Samantha) et la vision directe et pénétrante (vipassana), les deux facteurs inséparables caractérisant l’esprit libéré.

D’un point de vue bouddhique la méditation n’a pas pour but de créer la relaxation ou toute autre condition agréable. Elle est destinée à être ,pourrait on dire, provocatrice. On s’assoie et on laisse les choses surgir.

Aussi la méditation bouddhique n’est-elle pas une sorte de gymnastique mentale qui tend vers un état de relaxation. C’est une attitude tout à fait différente car il n’existe aucun but ni objet particulier, pas d’exigence immédiate d’atteindre ou d’obtenir quoi que ce soit. C’est plutôt une question de demeurer ouvert, réceptif.

Il est important de noter que samatha est différent de vipassana mais que bien souvent ils marchent ensemble.(Ji Kwan)( base fondatrice de seonmudo dont le Maitre nous parle souvent.

Samatha est une pratique, celle du développement du « calme mental », de la tranquillité, de la sérénité.

Samatha n’est donc pas une « pratique » exclusivement bouddhiste, contrairement à la pratique  vipassana qui en est issue.

Pour le moine dhamma sami

Vipassana n’est pas une pratique en soi. C’est simplement la vision directe de ce qui est perçu par la conscience au moment où les objets observés apparaissent. Cette vision se produit dès l’instant où la conscience connaît l’objet perçu, par une observation attentive, en évitant toute autre action.

Il s’agit là de l’action minimale qu’il est possible d’exercer. Cette connaissance, qu’est vipassana, se développe par un entraînement appelé satipatthána (l’établissement de l’attention). Il n’est donc pas juste de dire : « Nous pratiquons vipassaná ». Il convient plutôt de dire : « Nous suivons l’entraînement permettant de développer vipassana. (Moine Dhamma Sami.)

Pour L’Association Bouddhique vippasana

Vipassana

Aspect «vision pénétrante» des résultats de la pratique de la méditation, distinct de la simple tranquillité mentale, samatha.

Vision intérieure profonde de la nature réelle de tous les phénomènes, physiques et mentaux.

Naît de samâdhi.

Vipassana est une qualité de l’esprit pouvant s’acquérir par la pratique de satipatthâna,(sutra développant la clarté et l’amour de soi pour une vie juste et une pratique juste) ce n’est pas une technique, encore moins une «école» du bouddhisme.

La Corée est devenue avec le Japon et le Tibet la place forte de la pratique zen car les pays d’origine que sont l’inde et la Chine n’ont pas poursuivis de manière structuré ce travail.

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MU : art martial issus de l’expérience des différents événements historiques d’invasion traversées par la Corée.

Le geste martial a ici son energie propre.une energie de protection(sens multiple) .de défense. même principe que tai-chi, en coréen taekkukwan. circulation de l’énergie. beaucoup de mouvements sont circulaires. Favorisant la respiration des articulations. améliore la souplesse, la tonicité , la jonction musculo-squelettique et la force mentale. émettre une énergie vers l’avant permet de dépasser son ego , de renforcer son mental .aller de l’avant est une prise de conscience de soi . De son potentiel.

Donc très complémentaire de yoga et kikong.

La forme martiale est plutôt vue comme une gymnastique énergétique globale.l’art martial taekwondo en est un descendant indirecte 

DO.

voie . route . Chemin. même idéogramme chinois que TAO .

C’est la fusion entre la pratique physique et spirituelle .

Le chemin c’est aussi le bouddhisme importé en Corée a partir du 3eme siecle;LES GUERRES ARRIVENT. IMPLICATION DES MOINES PAR NÉCESSITÉ ET PAR DEVOIR . Puis retour a la paix et création d’exercices issus de ces expériences .DO n’est pas vraiment définissable de manière global puisque chacun empreinte son chemin.

En chinois Tao désigne aussi la forme . Les enchaînements à caractère pédagogique .en Corée c’est un mot différent: POOMSE. Pour différencier le DO qui est la voie.

TAO chinois et DO coréen furent en inter action longtemps prenant chacun le meilleur de l’autre . C’est lorsque le TAO chinois s’érigea en Doctrine trop emprunt de confucianisme que chacun développa sa pratique de son coté. Le bouddhisme plus ouvert sur une pratique vers les autres , avec les autres et le Taoïsme un ascétisme plus personnel.assez proche du chamanisme en fait,au départ.

Le virage est pris avec donc, le 29 eme patriarche Boddidarma venu d’inde . Il amène les exercices physiques respiratoires ce qui donne plus d’équilibre aux moines qui de la méditation passaient directement aux pratiques martiales. Des écrits anciens rapporteront que les résultats seront spectaculaires.

Ça m’amène à une pensée sur ce chemin , cette voie que nous avons pris . Je pense après bientôt 23 ans de pratique de seonmudo que la progression des grades en France est trop rapide. Il ne faut pas comparé avec la Corée .il faudrait aussi que les gens fassent leur pratique plus régulièrement sans attendre le cours . Leur faire comprendre que c’est une pratique de santé à intégrer dans sa vie .

Même en Corée où ils s’entrainement quasiment tous les jours s’ils veulent , il n’y a pas une pratique assez équilibré entre interne et externe.pas de problème à arriver au 2eme Dan en 4 à 6 ans .mais a parti de là il faut prendre le temps d’intérioriser son travail . De faire vivre les formes .de faire et refaire .de transmettre ce plaisir du geste simple jusqu’à ce u’il laisse couler en nous son élixir de bonne énergie.l’Ego , c’est de croire qu’avec sa pratique on va faire des miracles.l’Ego c’est de croire que l’herbe est toujours plus verte ailleurs . Puis que c’est en nous qu’il faut chercher.l’Ego c’est de chercher un but quand il n’y a qu’un chemin.

Des pistes de travail ont été données par le Grand Maitre . JI KWAN et les techniques qu’il nous a transmis.circulation fluide par pratique généreuse et heureuse .vouloir contrôler cette énergie est un piège .quand il faut juste la laisser circuler.comme le mental.comme la vie.

Toutes les sources qui ont inspirées ou nourrit seonmudo comme le Yoga , l’ayurvédique, la médecine Chinoise , les 5 éléments ne sont que des outils indicateurs.pas des finalités sur lesquels il faut se focaliser. Être trop centré sur un système ne laisse pas l’esprit libre de pratiquer . C’est pourquoi seonmudo au carrefour de tous les chemins ne s’y arrête pas .sinon on passe a coté du joli paysage qui agrémente notre chemin.

La pratique .le ressenti par le plaisir de faire et refaire toujours ses techniques sont la source de épanouissement personnel.nécessaire à la transmission , au partage .l’expérience personnelle en perpétuel mutation est le chemin.la joie d’une technique qui coule comme une source passe par ce cheminement .comme en méditation , la question suit son court jusqu’à parfois ne plus être.dans chaque technique il y a une autre technique. Dans chaque moment il y a d’autres moments .

En conclusion :

Est ce que seonmudo est compatible avec la laïcité ?

oui. Justement puisque c’est la sublimation du quotidien.il exalte les vertus au quotidien et du quotidien. Il ramène à l’essentiel.les rituels , chants et exercices sont bons pour la santé , pour l’ego , bouddhiste ou non.ça nous ramène à nous . À notre nature profonde . À nos doutes . À nos blocages. À nos colères . À nos contradictions . ..pour les dépasser .

Dans le respect de l’origine de cet art .